Lontananza (1955-2025) Remoteness

Poesie, saggi e lettere sulla poesia – Poems, Essays, and Letters on Poetry


La frontière quelle est-elle ?

QUALI I CONFINI?

Io Tu Tu io
quali i confini?
Dove il punto
fermo ove sostare
ove far tacere
l’inappagato anelito
che sempre urge
in fondo al cuore?
Se l’io è valore
se realtà è l’io
tutto è anelito
e passione.



Sì, talvolta cerco
l’ebbrezza d’una
folle cavalcata
su quei focosi
destrieri nelle lande
assolate della vita.
Ma poi cosa ne resta
se inesorabile tutto
divora il tempo,
se la più ardente
passione presto
si consuma,
se il più veemente
anelito è già sopito.

E Tu... Tu sei
sempre là che aspetti
guardi e sorridi.
Luccicano i tuoi occhi
come stelle nella notte
oscura. Profumato
è il tuo respiro
come la brezza
del mare massauino.

Corvini, i tuoi capelli
ricadono lucenti
sul volto e sulle spalle,
celando il nero sopracciglio
in fitto velo di mistero.
Il tuo sorriso dona
il tepore della primavera.
Se solo contraccambio
il tuo amoroso sguardo,
subito miei sono
i tuoi mille doni.


Miei. Io. Ma io,
ti riconosco?
Sei Tu quello
che vedo nel magico
specchio del creato?
che sento muovere
nel fondo del mio cuore?

O sono sempre io
così inesorabile
presenza che alla fine
altro di te non resta
se non distorta immagine,
idolo, Tu riflesso
di me non io di te.

E allora cavalco
ancora quei destrieri
ripercorro le assolate
lande della vita ancora
cerco quell’oceano
ove affondare sostare
tacere riposare;
ove tale sarà il fragore
dello sciabordio delle sue onde
che più non sentirò
il sordo borbottio
dell’io ma solo la sua,
che è la tua voce;
ove tale sarà la freschezza
delle sue profonde acque
oscure che la bruciante
calura di passioni e desideri
pian piano si dileguerà;
alla quieta e dolce potenza
perché non c’è fango di io
pur indurito dal trascorrere
del tempo che resista
alla quieta e dolce potenza
dissolutrice di quelle acque.

Potrà risplendere allora
la tua sposa? Sarà alfine
l’io divenuto anima piacente
e piaciuta? E i suoi occhi,
liberi d’ingombranti veli,
cesseranno di cercarti
nell’ingannevole suo specchio
seduttore? Vedranno
finalmente te nelle piccole
e grandi cose della vita?
Quando avrà fine questa
lontananza desolata?



O non è anche questo
grido schiamazzo
dell’io importuno
pretenzioso clamore
che ricopre la tua
tranquilla voce
che, mai scoraggiata
dalle più audaci infedeltà,
continua a inviare
messaggi d’amore
dalle eterne lettere-madri
del tuo santo Libro?

Bologna, 14 marzo 1994
LA FRONTIÉRE QUELLE EST-ELLE ?

Moi Toi Toi moi
La frontière
quelle est-elle ?
Où est-elle
la terre ferme
où se poser
où faire taire
l’aspiration inquiète
qui lancinante
gronde au cœur ?
Si le moi est valeur
si réalité il est
tout est désir
et passion.

Parfois, oui, je cherche l’ivresse
d’une chevauchée folle
sur ces coursiers fougueux
dans les contrées ensoleillées de la vie.
Mais qu’en reste-t-il après,
si implacable le
temps dévore tout
si la plus ardente passion
aussitôt se consume,
si le plus véhément
désir est déjà assoupi.




Et Toi … Tu es
toujours là, qui attends
regardes et souris.
Tes yeux brillent
comme des étoiles
dans la nuit noire.
Ton souffle a l’haleine embaumée
de la brise marine à Massawa.


Tes cheveux de geai
tombent brillants
sur tes épaules et ton visage,
cachant sous un épais
voile de mystère
ton noir sourcil.
Ton sourire est tiède
offrande printanière.
Et si jamais je réponds
à ton regard aimant
aussitôt j’ai pour moi
tes dons par milliers.

Miennes. Moi. Mais
moi, te reconnais-je ?
Est-ce Toi celui
que je vois dans le miroir
magique de la création ?
Toi que je sens se mouvoir
au fond de mon cœur ?

Ou c’est encore moi
présence si implacable
qu’à la fin
de Toi il ne reste
qu’image brouillée
idole. Toi reflet de moi
et non pas moi de Toi.

Et alors j’enfourche
encore mes coursiers
et je reparcours les contrées
ensoleillées de la vie
et encore je cherche
cet océan-là
où plonger se poser
se taire se reposer ;
où le fracas de ses vagues
déferlantes sera tel que je
n’entendrai plus le sourd
bourdonnement du moi
mais sa voix seule
qui est ta voix,
où la fraîcheur de ses eaux
profondes et sombres
sera telle que la chaleur
brûlante de désirs et de
passions peu à peu se dissipera
car le moi le plus boueux
même endurci par les ans,
ne peut résister
à la force tranquille et douce
de ses eaux solvantes.

Ton épousée
pourra-t-elle alors resplendir ?
Et le moi enfin redevenir
âme satisfaite et agréée ?
Ses yeux libérés
des voiles encombrants
cesseront-ils de te chercher
dans son propre miroir
trompeur et séducteur ?
Te verront-ils finalement
dans les grandes choses de la vie
et les petites ?
Quand prendra fin cette
séparation désolée ?

Ou ce cri ne serait-il
pas lui-même encore
chahut du moi importun
vacarme qui couvre
présomptueux
ta voix tranquille
qui jamais découragée
par les plus audacieuses
infidélités continue à envoyer
des messages d’amour à travers
les éternelles lettres-mères
de Ton Saint Livre.

Bologne, 14 mars 1994